Les aides à la création d’entreprise pour les praticiens en développement personnel

En France, pour exercer légalement votre métier d’hypnothérapeute, sophrologue, life coach ou naturopathe, vous avez l’obligation d’être immatriculé. Et pour ce faire, une seule solution : vous devez avoir un numéro de SIRET. La majorité des praticiens optent pour le statut d’auto-entrepreneur du fait de sa simplicité. Et comme toutes les structures juridiques, la micro-entreprise vous permet de bénéficier de coups de pouce financiers. Alors, avant de vous plonger dans la paperasse administrative, pourquoi ne pas jeter un œil à ces aides à la création d’entreprise ?

Les aides à la création d’entreprise pour les demandeurs d’emploi

Que vous soyez déjà chômeur ou que vous projetiez de négocier une rupture conventionnelle avec votre employeur, Pôle Emploi a tout prévu pour que votre nouvelle aventure entrepreneuriale se passe au mieux grâce à un soutien financier conséquent.

Le maintien partiel de l’ARE — Aide au retour à l’emploi

Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous percevez des allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE), ces dernières peuvent être conservées pendant que vous créez votre micro-entreprise.

Ainsi, quand vous commencerez à recevoir des clients, les revenus de votre activité seront complétés par vos allocations chômage afin que vous puissiez développer votre cabinet avec un véritable filet de sécurité financière. Il s’agit du maintien partiel de l’ARE. 

Concrètement, votre complément de revenu est calculé de cette manière :

Montant de votre ARE mensuelle — 70 % de votre revenu d’activité (auquel est appliqué un abattement de 34 %)

Exemple : Votre ARE est de 1237 € mensuels. Vous avez réalisé un chiffre d’affaires de 200 € ce mois-ci. Le calcul sera donc :

Revenu d’activité après abattement de 34 % : 200 – 34 % = 132 €

1237— 92,40 (70 % de 132 €) = 1144,60 €

Vous recevrez donc de la part de Pôle Emploi une allocation de 1144,60 € et conservez votre CA de 200 € (auquel il faudra déduire le montant de vos cotisations sociales).

Par conséquent, vos ressources sont assurées, du montant minimum de votre ARE. 

Pour bénéficier du maintien partiel de l’ARE, vous devez respecter certains critères :

  • Être demandeur d’emploi ;
  • Être éligible à l’Aide au Retour à l’Emploi ;
  • Déclarer vos revenus d’activité chaque mois en réalisant une actualisation de situation en ligne.

Si c’est votre cas, il suffit de prendre rendez-vous avec votre conseiller Pôle Emploi afin de mettre en place cette aide.

Bon à savoir : Vous pouvez profiter du maintien partiel de l’ARE jusqu’à épuisement de votre reliquat ou quand vos revenus d’activité dépasseront votre salaire journalier de référence (SJR). 

L’ARCE – Aide à la reprise et à la création d’entreprise

Deuxième aide pour les demandeurs d’emploi, l’ARCE ou Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise fonctionne différemment du maintien partiel de l’ARE.

En effet, plutôt que de recevoir mensuellement une partie de vos allocations chômage, vous préférez peut-être une grosse somme d’argent, versée en deux fois. Celle-ci équivaut à 45 % de votre reliquat.

Le premier versement correspond à la moitié de ce montant. Et le second versement aura lieu 6 mois plus tard, sous réserve que vous soyez toujours en activité. 

Exemple : Votre reliquat représente 29 688 € (soit 1237 € pendant 24 mois), par conséquent, votre ARCE équivaut à 45 % de ce dernier, soit 13 359,60 €. À l’ouverture de votre entreprise, vous recevrez donc 6 679,80 €, puis la même somme, 6 mois plus tard.

Cette solution est la plus intéressante lorsque votre activité nécessite des fonds pour débuter (trésorerie, achat de matériel, emprunt bancaire, etc.), ce n’est pas forcément le cas des praticiens en développement personnel. À vous de faire le calcul pour savoir ce qui est le plus rentable pour vous ! 

Pour bénéficier de l’ARCE, vous devez :

  • Être demandeur d’emploi ;
  • Être éligible à l’ARE.

Et encore une fois, il vous suffit de vous rapprocher de votre conseiller Pôle Emploi pour en savoir plus et faire votre demande d’ARCE.

Attention : Comme vous l’avez probablement compris, le maintien de l’ARE et l’ARCE ne sont pas compatibles. Vous devrez donc faire un choix !

Les aides à la création d’entreprise pour les salariés

Vous êtes salarié et ne pouvez pas (ou ne voulez pas !) obtenir de rupture conventionnelle ? Rassurez-vous, il existe des solutions pour vous lancer avec la certitude de retrouver votre emploi en cas d’échec.

Le congé pour création d’entreprise

Le congé pour création d’entreprise permet de suspendre temporairement un contrat de travail durant 12 mois. Pendant cette période, vous pourrez vous investir pleinement dans le développement de votre cabinet. 

Mais attention, car qui dit suspension de contrat de travail, dit absence de rémunération ! 

Une fois le congé terminé, vous pourrez ensuite :

  • Retrouver votre emploi initial (sans perte de salaire) ;
  • Renouveler votre congé pour création d’entreprise pour 12 autres mois ;
  • Demander un nouveau contrat de travail à temps partiel ;
  • Démissionner car votre activité est florissante 😉 !

Bon à savoir : Le congé pour création d’entreprise peut également prendre la forme d’un temps partiel. De cette manière, vous pouvez vous consacrer à votre activité de praticien en développement personnel en parallèle de votre emploi et continuer à percevoir une partie de votre salaire.

Pour bénéficier d’un congé pour création d’entreprise, vous devez respecter certaines conditions :

  • Justifier d’au moins 24 mois d’ancienneté (en CDI ou avec cumul de plusieurs CDD) dans l’entreprise ;
  • Ne pas avoir demandé de congé de création dans les 3 dernières années.

Si c’est votre cas, alors vous pouvez envoyer une demande par courrier (lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge) à votre employeur au moins 2 mois avant la date souhaitée de départ en congé. Vous avez également l’obligation de l’informer de la nature de votre future activité.

De son côté, l’employeur ne peut pas vous refuser ce congé pour création d’entreprise. En revanche, il peut différer votre départ dans les 6 mois. 

À lire : Le burn out : et si on en parlait ?

Le congé sabbatique

Plus connu que le congé pour création d’entreprise, le congé sabbatique repose sur le même principe. Le contrat de travail est suspendu pendant une durée limitée ce qui assure au salarié de retrouver son emploi s’il le souhaite. Malgré tout, ce congé pour convenance personnelle reste moins avantageux dans le cadre du démarrage d’une activité. 

Tout d’abord, la durée du congé sabbatique varie entre 6 et 11 mois, ce qui peut ne pas être suffisant pour estimer la viabilité de votre cabinet. Ça serait dommage d’abandonner trop vite votre rêve, n’est-ce pas ? 😉  

Autre petit hic, les conditions d’éligibilité sont plus exigeantes : 

  • Vous devez justifier de 36 mois d’ancienneté dans votre entreprise ;
  • Vous devez justifier de 6 années d’activité professionnelle (toutes entreprises confondues) ;
  • Ne pas avoir bénéficié d’un congé sabbatique, d’un congé pour création d’entreprise ou d’un projet de transition professionnel dans les 6 dernières années.

En revanche, contrairement au congé pour création d’entreprise, vous n’avez pas à expliquer les raisons de votre départ. Ce peut être pratique si vous ne voulez pas révéler votre projet à votre employeur.

Pour faire votre demande de congé sabbatique, vous devez en informer votre employeur 3 mois avant la date de départ souhaitée, par courrier (lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge). Ce dernier peut ensuite librement :

  • Accepter votre demande ;
  • Différer votre départ ;
  • Refuser votre demande.

À lire : Guide du jeune praticien diplômé pour les nuls

Les aides fiscales 

Le démarrage d’une activité peut être délicat. Aussi, afin de faciliter cette période et soulager votre trésorerie, l’État vous propose deux aides fiscales particulièrement intéressantes.

L’ACRE – Aide aux Créateurs et Repreneurs d’entreprises

Toute activité professionnelle non-salariée engendre des cotisations sociales à verser à l’URSSAF et votre métier d’hypnothérapeute, de sophrologue ou de coach ne fait pas exception. Ces charges mensuelles représentent 22 % de votre chiffre d’affaires en temps normal. Mais avec l’ACRE, ce montant est diminué de moitié et équivaut à 11 % de votre CA pendant votre première année d’exercice. Une jolie économie en perspective ! 

L’ACRE est sujet à de nombreuses réformes. Si vous souhaitez créer votre auto-entreprise en 2020 et bénéficier de cette aide, vous devez remplir au moins une de ces conditions :

  • Être demandeur d’emploi non indemnisé inscrit à Pôle Emploi depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
  • Être demandeur d’emploi indemnisé par Pôle Emploi ;
  • Percevoir le RSA (Revenu de Solidarité Active) ou l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) ;
  • Avoir entre 18 et 25 ans ;
  • Ou moins de 30 ans et être reconnu handicapé ;
  • Avoir signé un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (Cape) ;
  • Créer votre entreprise dans un Quartier Prioritaire de la Ville (QPV) ;
  • Bénéficier de la PreParE (Prestation Partagée d’éducation de l’Enfant).

Si vous êtes dans une de ces situations, vous devrez compléter le formulaire « Demande de l’Aide à la Création et à la Reprise d’une Entreprise » et l’adresser à l’URSSAF :

  • Soit au moment du dépôt de votre dossier de création d’entreprise ;
  • Soit au plus tard dans les 45 jours suivant ledit dépôt. 

L’exonération de CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

En tant qu’auto-entrepreneur, vous aurez également d’autres charges à payer en plus de vos cotisations sociales, notamment la CFE, la Cotisation Foncière des Entreprises.

La CFE est une taxe foncière qui remplace la taxe professionnelle. Si les micro-entrepreneurs en ont été exonérés, ce n’est plus le cas depuis 2014. Aujourd’hui, vous êtes donc assujetti à cette dernière.

Toutefois, vous pouvez bénéficier d’une exonération de CFE au titre de votre première année d’activité (de la date de création au 31 décembre qui suit). Pour ce faire, vous devrez simplement compléter et renvoyer une déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises (Cerfa 1447-C-SD) à votre SIE (Service des Impôts des Entreprises) après avoir coché la case 5a dans la partie D du formulaire.

À noter : Du fait de cette exonération, il est important de réfléchir à la date de création de votre auto-entreprise. Si vous envisagez de monter votre activité en fin d’année civile, peut-être serait-il plus pertinent de patienter jusqu’à l’année suivante.

Des questions, des doutes ? N’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller Pôle Emploi, de l’URSSAF ou de la CCI de votre région pour en savoir plus !

Leave a Reply